Dreux un Avenir en Commun

Dreux un Avenir en Commun

Préparons la révolution citoyenne au travers des élections européennes et municipales

Depuis que le groupe d'action de la France insoumise de Dreux va à la rencontre des Drouais pour discuter et populariser le programme LAEC du mouvement, on entend quelque chose qui revient très souvent, trop souvent chez les habitants de cette ville, c'est la difficulté de sauter le pas pour s'engager dans le combat politique par crainte de subir une répercussion au niveau de sa vie personnelle. "Si tu cherches un emploi, un logement, s'engager dans un mouvement d'opposition c'est difficile..." Les personnes qui avouent cette crainte ne veulent, ni ne peuvent en témoigner publiquement. Ce constat est récurrent. Au sein du groupe d'action nous le comprenons, il est très difficile de mettre son avenir, celui de sa famille, celui de ses enfants dans la balance pour un engagement fût-il juste. Nous déplorons que les citoyens aient de telles craintes et que cela les empêche de pouvoir exercer pleinement leur citoyenneté.

Parce que le candidat de la France insoumise est arrivé en tête et a obtenu près de 30% des suffrages au premier tour des présidentielles de 2017, nous savons que les Drouais aspirent à une politique différente et que le programme de la France insoumise a trouvé écho auprès d'eux. Pendant la campagne électorale nous avons servi au maximum de nos capacités la candidature de Jean-Luc Mélenchon porteur du programme de la France insoumise mais c'est le vote qui a rendu possible cette expression. Nous le savons aussi grâce aux échanges avec les citoyens les propositions de la France insoumise sur la Constituante, la sixième République et la révocabilité des élus ont joué un rôle très important.

Quel moyen plus efficace de lutter contre toutes les craintes et les formes de clientélisme que l'outil citoyen de révocabilité des élus ?

C'est pour cela que les élections sont cruciales. C'est ce que les citoyens ont obtenu au cours de l'Histoire, la possibilité de changer leurs représentants de façon anonyme, c'est le suffrage universel, c'est le vote ! C'est pour cette raison que nous allons rappeler aux citoyens de Dreux et des alentours qui restent dans l'abstention combien le vote est important, y compris le vote blanc si aucun candidat ne correspond à ses aspirations politiques. Mais le vote c'est la possibilité de s'engager sans craindre d'être mis au ban de la vie de la cité...

La crainte des effets du clientélisme et le clientélisme en général ont été aggravés par l'évolution propre de la cinquième République et par les traités européens qui ont éloigné davantage les citoyens des enjeux de politique locale. Permettre aux citoyens de renoncer à l'abstention par une vision de ce à quoi elle réduit la citoyenneté sera l'un de nos défis pour la campagne des Européennes qui s'engage parallèlement à l'argumentaire solide de la France insoumise sur l'Europe et la nécessité de sortir des traités européens actuels. Par ailleurs, les élections européennes par leurs enjeux majeurs auront des répercussions sur les élections à venir en particulier sur les municipales pour bouleverser le sentiment de blocage de la démocratie locale. 

 

Le groupe d'action "Dreux insoumise"

 


12/07/2018
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La ville de Dreux pavoisée par la multinationale Kaufman et Broad

Tout le monde a remarqué ces derniers jours à Dreux les petits ballons bleus accompagnés d'un petit flyer publicitaire qui sont accrochés aux aménagements anti stationnement le long de rue du centre ville de Dreux. Cela attire la curiosité des passants. On se dit "Est-ce pour indiquer une fête d'anniversaire ?" la première fois... Puis en regardant de plus près on s'aperçoit qu'il y en a partout, des dizaines, voire plus d'une centaine... Ce sont des objets publicitaires qu'une entreprise privée a eu l'autorisation de placer dans la ville. Et là on se dit que la vie est belle pour les actionnaires surtout au regard de la pénurie d'affichages publics réservés aux citoyens simples pour informer sur les événements à Dreux.

 

Car en effet à Dreux règne la loi du marché ! L'entreprise Kaufman et Broad va construire une résidence dans le parc des Bâtes. Gérard Hamel a donné son accord en juin 2017 pour que cette société achète et construise une résidence de 120 logements dans un des derniers lieux naturels de Dreux. Des Drouais et des associations écologistes dont la présidente de l'association AVERN avaient à l'époque protesté et obtenu du Maire qu'une commission se tienne pour débattre de ce projet. En effet ce lieu est un des derniers de la ville à constituer une réserve de biodiversité à l'état naturel sans aménagement urbanistique, ouvert. L'adjoint à l'urbanisme de la ville de Dreux avait donné son sentiment vis-àvis de la biodiversité en qualifiant ce lieu de "friche". Une "friche" pour l'élu c'est un terrain qui ne sert à rien, qui ne rapporte rien, qui n'a aucune utilité... Et aucune commission n'a vu le jour. Comme pour tout ce qui se décide à Dreux, la consultation ou la participation des citoyens n'est pas requise ou souhaitable. les décisions se prennent dans le cercle très restreint du Maire et de son entourage proche.

 

Ils bétonneront tout ! Tous les lieux, prairies et lieux naturels, il ne restera aucune mètre carré de terre nue à Dreux. Après la prairie du boulevard Jean Jaurès où une résidence est en construction et où déjà une résidence avait été construite maintenant c'est le tour du parc des Bâtes... Le remplacement des friches industrielles démolies ne suffit plus, les espaces libres seront tous exploités, bétonnés et aménagés avec l'assentiment voire le zèle de la mairie de Dreux.

Ces derniers temps, Dreux a connu des inondations importantes. L'une des principales cause de ces inondations est le manque de possibilité pour les eaux de pluie et de ruissellement de s'évacuer, en cause le bétonnage et l'asphalte qui recouvrent toutes les terres... (cf. le lien inondation du site gouvernemental ci-dessous)

L'urbanisation à outrance n'est plus une option aujourd'hui où les enjeux écologiques et climatiques font sentir leur urgence. Mais dans la "Start Up Dreux", on ne se soucie guère de ces problèmes. On bétonne, on verra ensuite les conséquences...

 

Revenons au pavoisement de la ville par Kaufman et Broad. Cette entreprise qui communique beaucoup en particulier sur internet a conservé son apparence de promotrice immobilière "haut de gamme" et elle joue sur ce registre à Dreux dans sa démarche commerciale drouaise tout en mettant en avant des opportunités de remises allant jusqu'à 15 000€ sur l'achat d'une maison individuelle. S'agit-il en fait d'un effet de la politique de la ville dont bénéficie cette entreprise ? En effet, les constructions situées à moins de 300 mètres d'un quartier ciblé par un projet ANRU peuvent bénéficier d'une TVA à 5,5% au lieu de 20% dans les autres cas. Cela représente un allègement conséquent du prix de la construction. L'entreprise Kaufman et Broad est contrainte du point de vue légal de mentionner la nature de cet avantage fiscal mais elle le fait d'une façon qui peut facilement porter à confusion entre l'accroche publicitaire, le geste commercial et la nécessité d'informer les consommateurs. C'est parce que cet allègement de TVA est conditionné par un plafond de ressources des acquéreurs du bien construit. 

Dans la petite agence Kaufman et Broad qui s'est installée face au marché couvert, on se garde bien d'afficher une large géolocalisation du site de la future nouvelle résidence baptisée "Le Clos des Ducs" incluant le quartier des Bâtes qui permet aux acquéreurs de bénéficier de la baisse de la TVA. Et il faut chercher tout en bas de la plaquette publicitaire, en tout petits caractères, la source de cet avantage fiscal...

 

 

 Mentions légales largement agrandies...

Cette mesure est déstinée à permettre l'acquisition de biens immobiliers à des acquéreurs avec des revenus sous un plafond de ressources c'est-à-dire moins élevés. C'est pourquoi Kaufman et Broad met en avant "dans la limite des stocks disponibles" ce qui tendrait à induire que toutes les maisons de la résidence ne bénéficieraient pas de cet abattement... Or ce n'est pas le cas puisque c'est la localisation de cette résidence qui conditionne cette mesure.

 

On peut se dire que cette opération aura le mérite d'installer une mixité sociale dans le quartier des Bâtes entre ceux qui accèderont à la propriété grâce à la diminution de la TVA et ceux qui y accèderont avec des conditions moins avantageuses car soumises au plafond de ressources. 

 

Cependant, tout comme le quartier des Bâtes n'apparait pas sur le plan proposé par Kaufman et Broad, la résidence qui va être construite ne sera pas complètement intégrée au quartier environnant. Ce sera une résidence privée et clôturée, disposant d'une rue et d'une entrée unique avec un portail automatique sécurisé qui ne permettra pas l'accès aux autres habitants du quartier à la résidence. Ce sera une résidence privatisée. La rue sera le domaine exclusif des habitants de la résidence.

 

C'est une nouvelle façon de penser la ville. Puisque les politiques publiques ne parviennent pas à redynamiser économiquement les quartiers populaires, on s'isole de ces quartiers derrière des clôtures et des dispositifs de sécurité. Il n'est pas certain que la mixité sociale joue à plein dans ces conditions. 

 

Sur le fait que ce soit l'entreprise côtée au CAC40 depuis 2000 qui est détenu majoritairement (79%) désormais par un puissant fonds allemand PAI Partners dont le chiffre d'affaires s'élevait à 1,3 Md d'€ en 2017 n'est pas nécessairement un gage de gain économique pour le Drouais et de garantie de sérieux pour les consommateurs acquéreurs.

 

En effet, dans un article du 31 janvier 2018 de la revue économique "Le Moniteur", un représentant de Kaufman et Broad explique que leur politique s'est tournée depuis 2008 vers des programmes qui bénéficient des conditions avantageuses de l'ANRU. Il précise que les trois leviers qui permettent à l'entreprise de consolider ses marges (Kaufman et Board envisage une croissance de 8 à 10% en 2018) ce sont trois leviers : la négociation des prix des terrains qu'ils cherchent à acheter le moins cher possible, la négociation de meilleurs prix auprès des entreprises de construction qui cherchent à garnir leur carnet de commandes et la réduction des surfaces des habitations construites. Selon cet interlocuteur de Kaufman et Broad en conclusion, "Il est urgent de pousser les maires à libérer du foncier constructible, que les pouvoirs publics donnent l'exemple et arrêtent enfin de vendre les terrains au plus offrant, et de faire une pause sur les normes."

 

Ainsi donc, alors que le PDG de Kaufman et Broad Nordine Hachémi expose dans les médias son argument principal comme étant la création d'emplois partout où il construit, les économistes rendent compte de la stratégie de cette entreprise comme cherchant à tirer le plus possible les prix pour sauvegarder des marges importantes et donc les rémunérations des actionnaires. Quelles sont ainsi les variables d'ajustement de cette politique entreprenariale de Kaufman et Broad pour les sous-traitants ? Les coûts et donc la qualité des matériaux utilisés et les coûts salariaux et par conséquent l'emploi. Il existe donc une réelle contradiction à favoriser un promoteur immobilier aux stratégies économiques agressives sur le marché de l'immobilier, créant du dumping économique pour sauvegarder ses marges et la volonté de revitaliser économiquement une ville déjà lourdement touchée par le chômage. 

 

Au niveau des consommateurs, on note sur les réseaux sociaux des témoignages de consommateurs qui déplorent qu'il est très difficile d'avoir gain de cause en cas de malfaçons face à une très grande entreprise promoteur immobilier. Cela semble arriver apparemment aussi avec Kaufman et Broad malgré son image de marketing.

 

Le choix de cette entreprise "compétitive" au niveau des coûts qu'elle peut proposer ne représentera sans doute pas un atout pour l'économie de Dreux. Apparemment il semblerait qu'il n'y ait plus de temps à perdre pour Kaufman et Broad si l'on en croit le calendrier publié par l'ANRU pour bénéficier de la TVA à 5,5%... Cela a peut-être été le moteur de cette décision rapide de finaliser le projet sans concertation avec les écologistes de Dreux ?

 

document source ANRU

 

En résumé, le dernier site naturel de Dreux du parc des Bâtes, l'un des derniers à conserver une faune et une flore sauvages, et un terrain non bétonné et non aménagé contribuant au niveau écologique à absorber le ruissellement des eaux de pluies et donc à limiter les inondations, est vendu à un promoteur immobilier, une entreprise multinationale dont l'objectif premier est de pratiquer des marges les plus importantes possibles pour satisfaire son actionnariat mondialisé, pour construire une résidence clôturée et sécurisée dont la rue principale ne sera pas accessible à l'ensemble des citoyens de Dreux. 

 

Est-ce la politique de la ville que nous souhaitons pour Dreux ?

 

Inondation le site du gouvernement pour comprendre les phénomènes

Article Le Moniteur du 31 janvier 2018


26/06/2018
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Le projet de réhabilitation ANRU des quartiers Bâtes Tabellionne

Le 15 mars 2018 est paru dans l'Echo républicain un article dans lequel Gérard Hamel annonçait la signature et donc le démarrage prochain du plan pluriannuel de réhabilitation conjointe des quartiers des Bâtes à Dreux et de la Tabellionne à Vernouillet.

 

Les paroles de l'édile étaient claires "Les tractopelles s'échauffent enfin" pour signifier sa volonté de voir démolir beaucoup de bâtiments et en particulier et en priorité l'immeuble bioclimatique qui a fait couler depuis le début de ce projet beaucoup d'encre dans le journal local. Le problème est que des commerçants occupent encore leurs commerces dans cet immeuble.

 

Les déclarations de l'attaché du Maire dans le journal local qui prévoyait une indemnisation des commerçants des Bâtes semblaient formelles mais à la date d'aujourd'hui trois commerçants sont encore sans relogement et/ou sans indemnisation. Du côté de la Mairie, on impute ce délai à différents problèmes de production de documents administratifs que les intéressés n'auraient pas encore fournis ou pas dans les délais souhaités.

 

Tout au long de cette affaire, il faut rappeler que la parole du Maire a beaucoup varié et les méthodes sont grandement à interroger. Passant de phases de "dialogue" avec les habitants, à des promesses puis au silence, au déni ensuite des paroles échangées par voie de presse... Tout ceci accompagné de rencontres collectives puis individuelles avec les commerçants dans le but de les désunir sur ce dossier. Ces méthodes ne sont pas sans rappeler celles de certains chefs de grandes entreprises lorsqu'ils initient un PSE. Problème car le Maire est un élu, il est au service des citoyens, de tous les citoyens de sa ville.

Dans la Start Up Dreux, il semblerait qu'il y ait souvent deux poids deux mesures. La coopération avec les commerçants au travers de la signature d'une convention avec la Chambre des métiers le 15 mai 2018, le plan pour revitaliser le coeur de ville et "en même temps" un différend de plusieurs années pour sauvegarder les petits commerces et leurs emplois dans un quartier populaire périphérique. Il y a place pour tous ces projets à Dreux sans que l'on pénalise ceux qui ont déjà les conditions de vie les plus difficiles. 

 

Il semblerait que le Maire ait enfin décidé (communiqué par voie de presse le 4 mai 2018 dans l'Echo républicain) de mettre un terme à ce problème qui l'opposait aux petits commerçants des Bâtes. Il a même précisé qu'il ne recourrerait pas à la force publique pour déloger les commerçants, une bonne chose... 

 

Qu'est-ce qui a décidé Gérard Hamel à hâter la résolution de ce problème ? Tout d'abord et avant tout la ténacité des commerçants qui ont médiatisé leur différend avec le Maire à chaque étape du processus mais également les impératifs de l'ANRU qui se précisent au travers d'un document produit en 2018 par le ministre de la cohésion des territoires et présenté en mai 2018 qui fixe des objectifs pour les projets des intercommunalités dans le cadre de de la politique de la ville. 

En effet, dans ce document, il est clairement fait mention de la nécessité de favoriser les "petits" commerces de proximité. Au Bâtes, il y avait donc huit commerces de proximité qui étaient installés au coeur du quartier et qui possédaient leur clientèle sans pour autant faire de l'ombre au supermarché devant lequel ils étaient localisés. 

 

Ainsi la présence de commerces de proximité devient un critère d'évaluation des projets.

 

Par ailleurs, un autre apport du document ministériel concerne les méthodes qui doivent être mises en oeuvre dans le cadre de la préparation et de la réalisation du projet. Et là encore Dreux ne semble pas en phase avec cette démarche. Il est préconisé de créer des conseils citoyens et une maison du projet pour favoriser les échanges des citoyens autour du projet. A Dreux, force est de constater que la consultation des citoyens reste minime, quant à susciter et mettre en oeuvre une synergie citoyenne autour du projet, on en est à mille lieues. 

 Le différend entre le Maire et les commerçants des Bâtes est une illustration flagrante de ce à quoi mène la politique de la ville lorsqu'elle est confisquée aux citoyens et claquemurée dans le cabinet du Maire. Le Maire s'entoure d'experts dont il paie très cher les services mais n'est pas à l'écoute de la population. Les citoyens écartés des affaires publiques apprennent le plus souvent des nouvelles qui les concernent au plus haut point par voie de presse. Même dans la revue M'taVille de juin 2018 le projet est présenté de manière explicite "le quartie va subir une rénovation". Le terme "subir" donne la mesure de l'angle sous lequel ce projet est envisagé. Les démolitions sont annoncées les premières sans que les dispositifs complémentaires soient précisés, cela représente une source d'inquiétude pour les habitants et cela renvoie au fait qu'ils ne sont associés qu'à la marge à la réhabilitation de leur quartier.

 

La somme annoncée ne correspond pas au budget initial qui était de 197 millions d'€ mais on ignore ce qui a présidé à cette modification. La somme de 100 millions annoncée comme une manne dont on ne sait pas d'où elle provient et selon quels critères elle doit être utilisée, comment elle sera répartie sur les différents volets du projet... Les habitants n'ont pas à savoir les détails, "qu'ils soient contents on va leur rénover le quartier !"

 

Plus avant dans l'article, il est précisé que dans ce projet "il faut penser aux habitants". La participation active des habitants ne semble ni requise, ni souhaitable. J'entends déjà "oui mais il s'agit de grosses sommes d'argent..." ou bien "Nous consultons des experts". Mais si l'on veut que ces projets qui effectivement mobilisent de l'argent public soit une réussite, insuffle aux quartiers concernés une dynamique, le meilleur moyen est d'y associer largement les habitants dans toutes les étapes de sa réalisation. Lorsque les gens sont investis, cela devient leur projet !

 

Au sein de la France insoumise, nous avons développé des pratiques qui permettent d'impliquer les gens dans des actions citoyennes. Déjà constitué d'un réseau de bénévoles de toutes professions formés à l'animation d'ateliers, nous disposons d'outils et de matériel pour former les citoyens aux questions qui les concernent.

Il ne s'agit pas seulement de resencer les desiderata des uns et des autres. Il s'agit de structurer et de considérer les demandes en fonction des données de terrain et de ce qui est souhaitable dans la mesure des possibles. 

Pour cela, il est nécessaire de baliser le cadre de ce à quoi le projet ANRU donne accès en termes de critères, de ressources, de cahier des charges, d'aides, de perspectives et d'objectifs. Il s'agit de former des citoyens autour de ces repères pour leur permettre de comprendre et de discuter les enjeux du projet.  

 

Pour faire cela, un préalable est nécessaire. il faut penser que les citoyens vont être à la hauteur des enjeux et qu'ils vont s'emparer des dispositifs pour aller plus loin. Par ailleurs, il faut solliciter l'engagement de tous sans distinction. 

 

Ce n'est visiblement pas ce que pense Gérard Hamel. 

 

Texte paru dans la revue M'taVille de juin 2018

Texte du ministre de la cohésion des territoires


25/06/2018
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Le 5 mai 2018 marchons aux côtés des cheminots et des étudiants

Les Cheminots et les étudiants nous montrent la voie et le prix de leur détermination à agir pour sauvegarder les droits des citoyens à disposer d'un service public du rail et d'un service public de l'enseignement supérieur accessible à tous, ils le payent cher à coups de matraques et de gaz lacrymogènes face à la méthode autoritaire du gouvernement.

 

Beaucoup d'autres secteurs sont entrés en lutte contre les réformes que le Président Macron et le mouvement LREM veulent imposer en France, les hôpitaux, les retraités, la justice, les EHPAD, les postiers...  

 

C'est un moment rare où des citoyens réussissent à dépasser les indifférences et les clivages pour se lever et réclamer ensemble une société plus juste. 

 

Cela fait des années que nous assistons à la mutation progressive de notre modèle social unique gagné de haute lutte par des hommes et des femmes depuis le 19ème siècle souvent au prix de leur vie en un monde libéral où les citoyens sont dépossédés de leurs droits, où vivre dignement de son travail devient de plus en plus difficile...

 

Ceux qui ont l'argent ont accumulé tant de richesses et de pouvoir qu'ils sont maintenant capables de détruire tout ce qui fait nos vies. Ils détruisent à leur gré les emplois. A Dreux, nous ne le savons que trop et l'exemple de Sodexo est le plus récent de ces plans qui brutalement laissent dans la galère des dizaines et parfois des centaines de travailleurs. Mais depuis vingt ans détruire les emplois ne leur suffit plus. Dorénavant, ce sont tous nos droits qui sont leur cible. Les retraites, le code du travail, les services publics, les droits des chômeurs, la gestion des hôpitaux, les allocations sociales APL, jusqu'aux moindres droits comme les subventions aux associations... Tout y passe. Aujourd'hui la SNCF, la justice, les universités demain la sécurité sociale, l'école, et tout ce qui fait nos vies. Le pouvoir en place a choisi d'accélérer le mouvement et de donner à ceux qui possèdent déjà tout le pouvoir de nous déposséder de ce qui nous reste, y compris nos droits citoyens à contribuer à la création des lois par l'intermédiaire des députés qui les amendent et qui les votent. Au niveau des droits de l'Homme le pouvoir actuel ne respecte pas les principes que défendent les associations humanitaires. L'utilisation de la force publique avec violence sur des catégories ciblées de personnes est fréquente. 

 

C'est aujourd'hui, c'est maintenant que s'ouvre une chance de dire non à ce pouvoir qui agit au seul profit de la minorité des plus riches dans ce pays. C'est le moment de soutenir ceux qui sont entrés en lutte et de se lever à notre tour pour les rejoindre. Une telle mobilisation ne se construit pas facilement, certes elle est une réaction aux attaques que nous subissons mais elle est aussi le fruit de prises de conscience et de courage. Ce n'est pas facile de se mettre en grève, de sortir de sa vie habituelle pour se lancer vers l'inconnu d'une lutte dont on ne sait pas à l'avance si elle réussira à inverser le cours des choses. Ce n'est pas facile de laisser son travail ou sa salle de cours. C'est un acte citoyen. 

 

La citoyenneté dans la République c'est ce qui doit rassembler tous ceux qui vivent ensemble sur un même territoire, partageant les mêmes difficultés de construire leurs vies. C'est ce qui fonde notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité". De cela aussi ceux qui détiennent ou ont détenu le pouvoir ont voulu et veulent nous déposséder en servant les intérêts des plus riches. Il est temps de réaliser qu'ils utilisent des clivages artificiels pour mieux nous spolier. Ceux qui vivent de leur travail, à la sueur de leur front ont les mêmes intérêts, vivre en paix dans la dignité. C'est ce que veulent tous les citoyens, tous les travailleurs et tous les parents. C'est le ciment de la citoyenneté qui nous rassemble. Défendre et regagner nos droits, ceux qui sont nos biens communs, c'est aussi le moyen de renforcer ce ciment qui nous unit.    

 

Ne laissons pas les cheminots et les étudiants rentrer sans leur avoir donné notre soutien plein et entier. Parce qu'ils se battent pour nos droits à tous, jetons nous aussi notre énergie et notre volonté dans le mouvement. 

 

A Paris, des hommes et des femmes venus de différents horizons (partis, mouvements, syndicats, associations, simples citoyens), conscients que ce moment est précieux pour nous, ont réussi à se mettre d'accord sur un événement qui nous rassemble et permette à tous de participer à la lutte pour nos droits, pour nos vies. Cet événement aura lieu le samedi 5 mai à Paris. Soyons une marée humaine de citoyens qui disent au Président Macron "Trop c'est trop !" Nous ne vous laisserons pas continuer à nous déposséder de nos droits, de nos vies, de notre pouvoir de citoyens et nous voulons reprendre ce qui nous appartient de droit depuis la Révolution française et toutes les luttes de nos anciens. Votre monde nous n'en voulons pas. Nous voulons un monde meilleur pour nous et pour nos enfants. Et nous le voulons tous ensemble !

    

Contact pour se fédérer pour le samedi 5 mai 2018 : comiteaction5mai2018@gmail.com

 

Bourse du travail à Paris le 4 avril 2018

 

Donner en ligne pour soutenir les cheminots en grève


12/04/2018
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Glyphosate c'est l'affaire de tous

Les enjeux de l'interdiction du glyphosate

Grâce aux associations et aux journalistes lanceurs d'alerte et grâce aux campagnes d'information et d'opposition de la France insoumise, il est aujourd'hui presque impossible d'ignorer l'existence de cette molécule, le glyphosate.

Des études, dont celle du Centre international de recherche contre le cancer, un organe de l'Organisation Mondiale de la Santé, ont classé cette substance chimique comme "cancérogène probable" en mai 2015 puis en France l'Agence Française de Sécurité Sanitaire a publié une enquête arrivant aux mêmes conclusions concernant la nocivité sanitaire de cette substance et de ses adjuvants en février 2016. Dès la publication de ces études, Jean-Luc Mélenchon expliquait les enjeux de santé publique que soulevait le glyphosate et dénonçait les décisions de l'Union européenne et de la France de ne pas interdire le glyphosate face à l'action de lobbiying des multinationales américaines et européennes qui commercialisent ce produit et pour lesquelles cela représente des profits colossaux.

Au niveau de l'Union européenne

Récemment, le 27 novembre 2017, 18 Etats membres de l'Union européenne, suivant les recommandations de la Commission européenne, viennent de prolonger la licence de ce produit et donc son utilisation. La France, quant à elle, n'a pas voté le renouvellement de la licence du glyphosate. En France, le débat et l'action citoyens et politiques engagés sur le glyphosate a eu comme conséquences que l'opinion publique est au courant des enjeux sanitaires négatifs de l'utilisation du glyphosate comme herbicide. L'objectif du gouvernement serait de pouvoir se passer du glyphosate d'ici trois ans, c'est-à-dire en 2020, alors que la FNSEA demande que cette échéance soit repoussée à 2022. Outre que ce délai envisagé est un temps supplémentaire pendant lequel les consommateurs continueront à consommer des aliments "assaisonnés" au glyphosate et à ses adjuvants, les solutions qui sont jusqu'ici imaginées sont de remplacer le glyphosate, une molécule de synthèse créée par l'homme dans les années 50 dans un laboratoire (en l'occurrence par le chimiste suisse Henri Martin) par une autre molécule de synthèse. Quand on sait que le glyphosate a été breveté et commercialisé depuis 1974 par Monsanto et qu'il a fallu donc plusieurs décennies pour que sa toxicité soit dévoilée et fasse l'objet des premières mises en garde, on se demande comment il serait possible de générer un substitutif chimique fiable au niveau sanitaire, ayant fait l'objet d'une étude épidémiologique approfondie sur les effets de son utilisation massive en un si court délai. En réalité, il semble nécessaire de repenser en profondeur les modes de production de l'agriculture plutôt que de miser sur la mise au point par les laboratoires associées aux multinationales d'une nouvelle solution chimique "miracle". Le CNRS a déjà publié une étude qui propose d'autres moyens écologiques de pallier à l'abandon des produits contenant du glyphosate.

 

Le programme de la France insoumise fait des propositions novatrices, concrètes et chiffrées pour réussir la transition écologique.

 

 

Au niveau de la France aujourd'hui

D'un côté, celui du gouvernement, les arguments restent ceux de la compétitivité sur le marché national et international, du maintien de la massification de la production et de la course aux profits dans l'agroalimentaire, de l'autre côté, pour ceux qui s'efforcent d'obtenir l'interdiction du glyphosate, l'argumentaire envisage la santé des consommateurs, la protection de l'environnement (des sols, des cours d'eau, de la faune et de la flore...), une production alimentaire à échelle et à visage humain. Ce n'est pas la même logique. Outre l'action probable des lobbies, il existe beaucoup de voix discordantes au sein de LREM qui font craindre que les solutions "crédibles" recherchée par Emmanuel Macron ne soient repoussées aux calandes grecques. Ainsi François de Rugy, président de l'assemblée nationale et, il faut le noter ex-écologique, invoquait sur la chaîne Public-Sénat en octobre 2017 : "le principe de précaution face aux débats sur la dangerosité pour la santé du glyphosate." C'est le principe de précaution à l'envers. Cette bataille pour faire interdire l'utilisation du glyphosate dans l'agriculture intensive conventionnelle (non bio) reste donc d'actualité. 

 

Au niveau des communes

Ce que les citoyens savent moins c'est que depuis juillet 2015, suite au plan Ecophyto lancé en 2008, l'Assemblée nationale et le Sénat ont voté l'interdiction de l'usage du glyphosate par les collectivités locales dans l'entretien des espaces verts, ce qui est effectif depuis le 1er janvier 2017, et l'interdiction de la vente des produits contenant du glyphosate (tel le Roundup@) aux particuliers pour le désherbage des jardins individuels qui sera effective en janvier 2019. Il est à noter qu'à l'époque l'UMP avait voté contre cette proposition de loi émanant d'un sénateur EELV. 

Si l'idée que l'utilisation de cet herbicide est nocif pour la santé au niveau des collectivités locales et au niveau des jardins amateurs des particuliers, comment imaginer qu'il ne le soit pas au niveau de l'agroalimentaire, d'autant plus que c'est l'agriculture française conventionnelle non-bio qui répand 7000 des 9000 tonnes de produits contenant du glyphosate vendus en France.  

Pour revenir sur l'interdiction de ces produits chimiques pour les collectivités locales, 4000 communes pionnières avaient déjà commencé progressivement à utiliser des moyens alternatifs en 2016 pour entretenir les espaces verts des villes. Ces espaces comprennent les parcs, les cimetières, les bacs et par-terres à fleurs, les trottoirs et la voirie. Pour pallier à l'abandon des produits chimiques de désherbage, les différents moyens utilisés sont variés et basés sur la gestion différenciée : l'exposition à la chaleur ou le choc hydrolique, les coccinelles, le débroussaillage, la tonte et le fauchage, l'enherbement, la binette, le bâchage, le paillage... Il y a de nouvelles pratiques à inventer et d'anciennes à se réapproprier pour lutter contre les plantes appelées "mauvaises herbes" qui d'ailleurs pourraient recouvrer un intérêt dans certains domaines abandonnés et oubliés.

On constate donc que les changements sont déjà en train de s'opérer au niveau local qui pourrait être en pointe dans l'innovation au niveau de l'assainissement de l'espace public et de la disparition des produits phytosanitaires.

Encore faut-il envisager de sortir de la logique mercantiliste et libérale ? 

 

Au niveau local à Dreux aujourd'hui

En Eure-et-Loir, le président de l'Agglo du Pays de Dreux n'entrevoit pas cette opportunité. A la cérémonie de ses voeux aux citoyens de l'agglomération du 19 janvier 2018, il a évoqué ce "problème de l'abandon forcé" du glyphosate au niveau local. Sa réponse est le désengagement. Etant donné le coût de l'entretien des trottoirs et des abords de la voirie, s'il devient impossible d'utiliser du glyphosate rapide et efficace, les citoyens sont appelés à entretenir eux-mêmes leurs trottoirs. Il en appelle à la responsabilité citoyenne allant même jusqu'à évoquer le cas des personnes âgées qui ne pourraient pas assurer cet entretien et pour lesquels il appelle à des actions de solidarité. Cet élan citoyen que le président de l'agglo du Pays de Dreux appelle de ses voeux n'est pas en soi une mauvaise chose et l'engagement citoyen est une idée qui peut s'envisager dans de nombreux domaines. Cependant, cette responsabilisation des citoyens autour de la transition écologique de leur ville serait sans doute beaucoup plus vive et constructive dans un contexte de démocratie municipale réelle. Or, le président a déjà statué et fait uniquement part de ses décisions à la population. Par ailleurs, la loi s'applique et l'Agglo du Pays de Dreux, dont le contrat d'Agglo est valable du 2015 à 2020 n'a absolument pas anticipé sur cette perspective lors de l'écriture de son projet. La décision tombe, l'entretien des espaces publics devient trop coûteux pour la collectivité. 

A Dreux, si l'on peut imaginer qu'un habitant propriétaire ou locataire de sa maison individuelle puisse entretenir les quelques mètres de voirie qui lui échoient devant chez lui, comment cela peut-il se passer pour les espaces autour des logements collectifs qui représentent 60% des habitations à Dreux ? Par ailleurs, en dehors de l'aide de la municipalité, comment les habitants pourront-ils mettre en oeuvre des techniques alternatives au désherbage avec des produits chimiques ? Il revient donc aux habitants de s'outiller en matériel spécifique.

 

Une politique engagée pour la transition écologique au niveau local aussi

Il y a à Dreux des associations qui seraient en mesure de participer à une action coitoyenne d'ampleur au niveau de la commune pour permettre d'envisager d'autres solutions. Je ne citerai ici que l'AVERN par exemple, association qui regroupe en son sein des citoyens soucieux d'écologie et des agriculteurs qui pratiquent déjà l'agriculture biologique. Cependant, l'aide aux associations a baissé dans des proportions telles que la constitution d'une association de citoyens pour s'organiser au niveau de ce changement permet la mutualisation du matériel et l'entraide mais ne résoud pas le problème financier pour ceux qui n'ont pas les moyens de s'équiper.

A Dreux, depuis longtemps, seuls les Drouais disposant d'un jardin peuvent posséder un outillage de jardinage car les jardins dits autrefois "ouvriers" qu'on appelle aujourd'hui le plus souvent familiaux ont presque disparu de la commune (à part quelques parcelles le long de la RN12). La tradition de cultiver son jardin n'a pas été transmise aux jeunes générations des quartiers populaires comme c'était le cas auparavant. 

Il y a des solutions alternatives au désengagement des pouvoirs publics, des solutions innovantes et citoyennes à promouvoir qui seraient écologiques, économiquement viables et socialement intéressantes. 

Pour la France insoumise, cette transformation écologique est vue au contraire comme une opportinuté de trouver des solutions avec et pour les citoyens en collaboration avec les associations auxquelles une aide serait apporter dans une réelle démarche démocratique, de créer des emplois, de renouer avec des pratiques disparues, l'implantation de jardins "ouvriers" à proximité des habitations, d'innover en matière de gestion de l'environnement proche des citoyens et de transformer les villes en lieux d'échanges et de partage.

De la commune à l'Europe les mêmes enjeux se déclinent, gagner le pari de la démocratie, du social et de la transition écologique. Au niveau local, il est possible d'ouvrir la voie pour offrir les perspectives d'une transformation au niveau de l'Union européenne, pour une Europe en faveur des citoyens et plus en faveur des multinationales.

 

 

https://avenirencommun.fr/livret-agriculture/

 

 

Sources iconographiques :

Molécule glyphosate Wikipedia

agriculteur bio "Langouët vise une autosuffisance alimentaire" Positiv.fr

 

 


28/01/2018
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