Dreux un Avenir en Commun

Dreux un Avenir en Commun

Rangez vos banderoles ! Vous n'avez pas le droit !

Le 21 décembre 2017 des membres du groupe d'action "Dreux insoumise"  qui accompagnaient un commerçant du quartier des Bâtes Monsieur Faouzi Ben Farhat ont fait une apparition au conseil municipal de la commune de Dreux. J'utilise à dessein l'expression "faire une apparition" car il y est impossible de prendre la parole, de déployer des banderoles, de manifester de quelque manière que ce soit une protestation ou une opposition au conseil des élus de la commune.

Alors me direz-vous, pourquoi apparaître au conseil municipal dans ces conditions ?

Notre but était de montrer que les commerçants des Bâtes n'étaient pas seuls et que les questions que suscitaient leur expulsion sans relogement étaient encore sans réponse de la part des élus de la commune. Parce que nous défendons le programme "L'Avenir en commun" de la France insoumise et par conséquent la justice et en particulier la justice sociale est un élément incontournable d'une politique par et pour les citoyens.

Pour retracer à grands traits ce que Monsieur Faouzi Ben Farhat a vécu, il faut retourner 10 annnées en arrière, quand les commerçants et les habitants de l'immeuble bioclimatique avaient posé une demande auprès de la commune pour bénéficier de petits travaux d'aménagement (clôture pour les poubelles, éclairages publics améliorés entre autres choses...) et qu'il leur avait été répondu de patienter car un grand projet ANRU allait améliorer bientôt leurs conditions de vie dans le quartier des Bâtes. Dix ans plus tard, ils constatent qu'ils devront quitter leur quartier, qu'ils ont vécu dix années d'incertitude et d'inquiétude quant à leur devenir, qu'ils ont été encouragés puis découragés et tout cela sans avoir une réelle compréhension de ce qui se jouait pour eux dans cette affaire. En effet, la communication et la compréhension par les citoyens de ce qui se joue est un point essentiel si l'on veut qu'ils ne se sentent pas relégués de la politique de la commune. 

Mais revenons au conseil municipal du 21 décembre où nous avons assisté au début de la séance. L'impression qui reste est celle d'un conseil municipal sans débats, simple chambre d'enregistrement de décisions très peu compréhensibles pour le profane, une sorte de conseil d'administration de la ville. La plus grande unanimité y régnait. 

L'un des votes concernait le bilan d'une des sociétés d'économie mixte de la ville, la SEMCD créée en 1960. Il s'agissait pour l'un des responsables, adjoint à la ville de Dreux, Monsieur Lemare, de soumettre aux voix du conseil municipal le bilan de cette société. Les élus disposaient d'un dossier qu'ils ont eu le temps d'étudier. En revanche, les citoyens assistant au conseil municipal n'en disposaient pas. Deux chiffres évoqués, les bénéfices et les impôts payés par la société, trois mots de justifications sur la vente de biens immobiliers et voilà, "pour" à l'unanimité. Où sont les intérêts des Drouais dans cette affaire ? Quelles réalisations ? Quelles poursuites de projet ? Nous n'en avons pas su davantage. Les citoyens n'en sauront pas davantage. Les comptes et les délibérations ne sont pas publiées. Les projets se décident entre des personnes élues qui engagent l'argent public et des personnes représentantes de sociétés privées... Les citoyens sont exclus de ces tractations et même de l'information concernant ces tractations. N'effleurent souvent que quelques éléments que l'on apprend par la presse locale. Les citoyens se désintéressent-ils de l'action publique et de la politique ou bien les tient-on vraiment à l'écart de la vie publique ?

Et, ironie du sort, l'ordre du jour du conseil municipal recelait un élément qui a fortement attiré notre attention. Alors même que nous venions protester contre l'expulsion de petits commerçants d'un quartier populaire de Dreux, nous avons appris que la ville de Dreux allait acquérir un immeuble pour créer une pépinière commerciale afin de revitaliser le centre ville de Dreux. Le vote a eu lieu et le projet d'achat de cet immeuble a recueilli l'unanimité des voix. Il apparaît donc une différence très importante entre le traitement des quartiers et celui du centre ville à Dreux. Mais cela était sans surprise pour nous. En effet, le maire avait déjà fait des déclarations sur son projet de revitaliser le commerce du centre ville dans la presse locale. Cela n'est pas sans relation avec les 5Md d'€ que le ministère de la cohésion des territoires met sur la table avec différents partenaires en faisant de la revitalisation des centres des villes moyennes une priorité nationale. Alors même que les projets ANRU de la politique de la ville sont également censés ne pas se limiter à la rénovation du bâti mais créer des conditions de redynamisation des quartiers populaires, ce deuxième volet est très peu mis en oeuvre et même très peu envisagé sans cohérence ou volonté politique. Les deux doivent pouvoir être envisagés quartiers et centre ville car ils sont complémentaires.

Au conseil municipal donc, nous avons donc déployé des banderoles et provoqué une interruption de séance. Suite à quoi nous avons été invités à ranger nos banderolles et quitter les lieux, escortés par deux policiers municipaux très sympathiques.

Le maire de Dreux, dérogeant aux règles qu'il énonçait précédemment sur le fait qu'il ne répondrait à aucune sollicitation orale de notre part, nous a cependant indiqué que le dossier des commerçants des Bâtes faisait l'objet d'une procédure administrative et que c'était pour ainsi dire réglé. 

Notre apparition aura au moins eu cet effet de commencer à pouvoir recueillir des éléments officiels sur ce dossier. Sans être une réelle réponse, cette affirmation du maire tendait à confirmer le fait qu'il n'y aurait pas de relogement et c'était la première fois que des propos des responsables du projet ANRU allaient dans ce sens après les promesses affichées lors des réunions de préparation du projet et également dans le presse locale par Messieurs Daniel Catalan et Pierre-Frédéric Billet au début du projet (L'écho républicain (11/03/16).

Dans le hall devant la salle du conseil, nous avons pu nous entretenir avec le chef de cabinet du maire, Monsieur Romain Cerclé, qui a réitéré l'explication qu'il s'agissait d'une procédure administrative et que les commerçants devaient se mettre en contact avec le baîlleur, c'est-à-dire Monsieur Daniel Catalan directeur de l'Habitat Drouais. Cet office est présidé par le maire de Dreux depuis 1995 qui a nommé en 2013 Monsieur Catalan directeur de l'Habitat Drouais, qui était auparavant chargé de mission sur la cohésion sociale à la ville de Dreux. 

Par ailleurs, huit jours plus tard, paraissait dans la presse locale un article où les intentions de l'Habitat Drouais vis-à-vis des commerçants du quartier des Bâtes apparaissaient clairement. A savoir que les commerçants seraient indemnisés individuellement suite à leur expulsion du bâtiment bioclimatique de sommes allant de 43 000 € à 220 000 € pour l'agence de la Poste. Des rebondissements donc dans cette affaire qui mériteront que nous continuions à suivre ce dossier.

Et bien sûr nous préparerons de nouvelles banderoles !

 

Intervention au conseil municipal de Dreux le 21 décembre 2017



29/12/2017
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