Dreux un Avenir en Commun

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Le projet de réhabilitation ANRU des quartiers Bâtes Tabellionne

Le 15 mars 2018 est paru dans l'Echo républicain un article dans lequel Gérard Hamel annonçait la signature et donc le démarrage prochain du plan pluriannuel de réhabilitation conjointe des quartiers des Bâtes à Dreux et de la Tabellionne à Vernouillet.

 

Les paroles de l'édile étaient claires "Les tractopelles s'échauffent enfin" pour signifier sa volonté de voir démolir beaucoup de bâtiments et en particulier et en priorité l'immeuble bioclimatique qui a fait couler depuis le début de ce projet beaucoup d'encre dans le journal local. Le problème est que des commerçants occupent encore leurs commerces dans cet immeuble.

 

Les déclarations de l'attaché du Maire dans le journal local qui prévoyait une indemnisation des commerçants des Bâtes semblaient formelles mais à la date d'aujourd'hui trois commerçants sont encore sans relogement et/ou sans indemnisation. Du côté de la Mairie, on impute ce délai à différents problèmes de production de documents administratifs que les intéressés n'auraient pas encore fournis ou pas dans les délais souhaités.

 

Tout au long de cette affaire, il faut rappeler que la parole du Maire a beaucoup varié et les méthodes sont grandement à interroger. Passant de phases de "dialogue" avec les habitants, à des promesses puis au silence, au déni ensuite des paroles échangées par voie de presse... Tout ceci accompagné de rencontres collectives puis individuelles avec les commerçants dans le but de les désunir sur ce dossier. Ces méthodes ne sont pas sans rappeler celles de certains chefs de grandes entreprises lorsqu'ils initient un PSE. Problème car le Maire est un élu, il est au service des citoyens, de tous les citoyens de sa ville.

Dans la Start Up Dreux, il semblerait qu'il y ait souvent deux poids deux mesures. La coopération avec les commerçants au travers de la signature d'une convention avec la Chambre des métiers le 15 mai 2018, le plan pour revitaliser le coeur de ville et "en même temps" un différend de plusieurs années pour sauvegarder les petits commerces et leurs emplois dans un quartier populaire périphérique. Il y a place pour tous ces projets à Dreux sans que l'on pénalise ceux qui ont déjà les conditions de vie les plus difficiles. 

 

Il semblerait que le Maire ait enfin décidé (communiqué par voie de presse le 4 mai 2018 dans l'Echo républicain) de mettre un terme à ce problème qui l'opposait aux petits commerçants des Bâtes. Il a même précisé qu'il ne recourrerait pas à la force publique pour déloger les commerçants, une bonne chose... 

 

Qu'est-ce qui a décidé Gérard Hamel à hâter la résolution de ce problème ? Tout d'abord et avant tout la ténacité des commerçants qui ont médiatisé leur différend avec le Maire à chaque étape du processus mais également les impératifs de l'ANRU qui se précisent au travers d'un document produit en 2018 par le ministre de la cohésion des territoires et présenté en mai 2018 qui fixe des objectifs pour les projets des intercommunalités dans le cadre de de la politique de la ville. 

En effet, dans ce document, il est clairement fait mention de la nécessité de favoriser les "petits" commerces de proximité. Au Bâtes, il y avait donc huit commerces de proximité qui étaient installés au coeur du quartier et qui possédaient leur clientèle sans pour autant faire de l'ombre au supermarché devant lequel ils étaient localisés. 

 

Ainsi la présence de commerces de proximité devient un critère d'évaluation des projets.

 

Par ailleurs, un autre apport du document ministériel concerne les méthodes qui doivent être mises en oeuvre dans le cadre de la préparation et de la réalisation du projet. Et là encore Dreux ne semble pas en phase avec cette démarche. Il est préconisé de créer des conseils citoyens et une maison du projet pour favoriser les échanges des citoyens autour du projet. A Dreux, force est de constater que la consultation des citoyens reste minime, quant à susciter et mettre en oeuvre une synergie citoyenne autour du projet, on en est à mille lieues. 

 Le différend entre le Maire et les commerçants des Bâtes est une illustration flagrante de ce à quoi mène la politique de la ville lorsqu'elle est confisquée aux citoyens et claquemurée dans le cabinet du Maire. Le Maire s'entoure d'experts dont il paie très cher les services mais n'est pas à l'écoute de la population. Les citoyens écartés des affaires publiques apprennent le plus souvent des nouvelles qui les concernent au plus haut point par voie de presse. Même dans la revue M'taVille de juin 2018 le projet est présenté de manière explicite "le quartie va subir une rénovation". Le terme "subir" donne la mesure de l'angle sous lequel ce projet est envisagé. Les démolitions sont annoncées les premières sans que les dispositifs complémentaires soient précisés, cela représente une source d'inquiétude pour les habitants et cela renvoie au fait qu'ils ne sont associés qu'à la marge à la réhabilitation de leur quartier.

 

La somme annoncée ne correspond pas au budget initial qui était de 197 millions d'€ mais on ignore ce qui a présidé à cette modification. La somme de 100 millions annoncée comme une manne dont on ne sait pas d'où elle provient et selon quels critères elle doit être utilisée, comment elle sera répartie sur les différents volets du projet... Les habitants n'ont pas à savoir les détails, "qu'ils soient contents on va leur rénover le quartier !"

 

Plus avant dans l'article, il est précisé que dans ce projet "il faut penser aux habitants". La participation active des habitants ne semble ni requise, ni souhaitable. J'entends déjà "oui mais il s'agit de grosses sommes d'argent..." ou bien "Nous consultons des experts". Mais si l'on veut que ces projets qui effectivement mobilisent de l'argent public soit une réussite, insuffle aux quartiers concernés une dynamique, le meilleur moyen est d'y associer largement les habitants dans toutes les étapes de sa réalisation. Lorsque les gens sont investis, cela devient leur projet !

 

Au sein de la France insoumise, nous avons développé des pratiques qui permettent d'impliquer les gens dans des actions citoyennes. Déjà constitué d'un réseau de bénévoles de toutes professions formés à l'animation d'ateliers, nous disposons d'outils et de matériel pour former les citoyens aux questions qui les concernent.

Il ne s'agit pas seulement de resencer les desiderata des uns et des autres. Il s'agit de structurer et de considérer les demandes en fonction des données de terrain et de ce qui est souhaitable dans la mesure des possibles. 

Pour cela, il est nécessaire de baliser le cadre de ce à quoi le projet ANRU donne accès en termes de critères, de ressources, de cahier des charges, d'aides, de perspectives et d'objectifs. Il s'agit de former des citoyens autour de ces repères pour leur permettre de comprendre et de discuter les enjeux du projet.  

 

Pour faire cela, un préalable est nécessaire. il faut penser que les citoyens vont être à la hauteur des enjeux et qu'ils vont s'emparer des dispositifs pour aller plus loin. Par ailleurs, il faut solliciter l'engagement de tous sans distinction. 

 

Ce n'est visiblement pas ce que pense Gérard Hamel. 

 

Texte paru dans la revue M'taVille de juin 2018

Texte du ministre de la cohésion des territoires



25/06/2018
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