Dreux un Avenir en Commun

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Glyphosate c'est l'affaire de tous

Les enjeux de l'interdiction du glyphosate

Grâce aux associations et aux journalistes lanceurs d'alerte et grâce aux campagnes d'information et d'opposition de la France insoumise, il est aujourd'hui presque impossible d'ignorer l'existence de cette molécule, le glyphosate.

Des études, dont celle du Centre international de recherche contre le cancer, un organe de l'Organisation Mondiale de la Santé, ont classé cette substance chimique comme "cancérogène probable" en mai 2015 puis en France l'Agence Française de Sécurité Sanitaire a publié une enquête arrivant aux mêmes conclusions concernant la nocivité sanitaire de cette substance et de ses adjuvants en février 2016. Dès la publication de ces études, Jean-Luc Mélenchon expliquait les enjeux de santé publique que soulevait le glyphosate et dénonçait les décisions de l'Union européenne et de la France de ne pas interdire le glyphosate face à l'action de lobbiying des multinationales américaines et européennes qui commercialisent ce produit et pour lesquelles cela représente des profits colossaux.

Au niveau de l'Union européenne

Récemment, le 27 novembre 2017, 18 Etats membres de l'Union européenne, suivant les recommandations de la Commission européenne, viennent de prolonger la licence de ce produit et donc son utilisation. La France, quant à elle, n'a pas voté le renouvellement de la licence du glyphosate. En France, le débat et l'action citoyens et politiques engagés sur le glyphosate a eu comme conséquences que l'opinion publique est au courant des enjeux sanitaires négatifs de l'utilisation du glyphosate comme herbicide. L'objectif du gouvernement serait de pouvoir se passer du glyphosate d'ici trois ans, c'est-à-dire en 2020, alors que la FNSEA demande que cette échéance soit repoussée à 2022. Outre que ce délai envisagé est un temps supplémentaire pendant lequel les consommateurs continueront à consommer des aliments "assaisonnés" au glyphosate et à ses adjuvants, les solutions qui sont jusqu'ici imaginées sont de remplacer le glyphosate, une molécule de synthèse créée par l'homme dans les années 50 dans un laboratoire (en l'occurrence par le chimiste suisse Henri Martin) par une autre molécule de synthèse. Quand on sait que le glyphosate a été breveté et commercialisé depuis 1974 par Monsanto et qu'il a fallu donc plusieurs décennies pour que sa toxicité soit dévoilée et fasse l'objet des premières mises en garde, on se demande comment il serait possible de générer un substitutif chimique fiable au niveau sanitaire, ayant fait l'objet d'une étude épidémiologique approfondie sur les effets de son utilisation massive en un si court délai. En réalité, il semble nécessaire de repenser en profondeur les modes de production de l'agriculture plutôt que de miser sur la mise au point par les laboratoires associées aux multinationales d'une nouvelle solution chimique "miracle". Le CNRS a déjà publié une étude qui propose d'autres moyens écologiques de pallier à l'abandon des produits contenant du glyphosate.

 

Le programme de la France insoumise fait des propositions novatrices, concrètes et chiffrées pour réussir la transition écologique.

 

 

Au niveau de la France aujourd'hui

D'un côté, celui du gouvernement, les arguments restent ceux de la compétitivité sur le marché national et international, du maintien de la massification de la production et de la course aux profits dans l'agroalimentaire, de l'autre côté, pour ceux qui s'efforcent d'obtenir l'interdiction du glyphosate, l'argumentaire envisage la santé des consommateurs, la protection de l'environnement (des sols, des cours d'eau, de la faune et de la flore...), une production alimentaire à échelle et à visage humain. Ce n'est pas la même logique. Outre l'action probable des lobbies, il existe beaucoup de voix discordantes au sein de LREM qui font craindre que les solutions "crédibles" recherchée par Emmanuel Macron ne soient repoussées aux calandes grecques. Ainsi François de Rugy, président de l'assemblée nationale et, il faut le noter ex-écologique, invoquait sur la chaîne Public-Sénat en octobre 2017 : "le principe de précaution face aux débats sur la dangerosité pour la santé du glyphosate." C'est le principe de précaution à l'envers. Cette bataille pour faire interdire l'utilisation du glyphosate dans l'agriculture intensive conventionnelle (non bio) reste donc d'actualité. 

 

Au niveau des communes

Ce que les citoyens savent moins c'est que depuis juillet 2015, suite au plan Ecophyto lancé en 2008, l'Assemblée nationale et le Sénat ont voté l'interdiction de l'usage du glyphosate par les collectivités locales dans l'entretien des espaces verts, ce qui est effectif depuis le 1er janvier 2017, et l'interdiction de la vente des produits contenant du glyphosate (tel le Roundup@) aux particuliers pour le désherbage des jardins individuels qui sera effective en janvier 2019. Il est à noter qu'à l'époque l'UMP avait voté contre cette proposition de loi émanant d'un sénateur EELV. 

Si l'idée que l'utilisation de cet herbicide est nocif pour la santé au niveau des collectivités locales et au niveau des jardins amateurs des particuliers, comment imaginer qu'il ne le soit pas au niveau de l'agroalimentaire, d'autant plus que c'est l'agriculture française conventionnelle non-bio qui répand 7000 des 9000 tonnes de produits contenant du glyphosate vendus en France.  

Pour revenir sur l'interdiction de ces produits chimiques pour les collectivités locales, 4000 communes pionnières avaient déjà commencé progressivement à utiliser des moyens alternatifs en 2016 pour entretenir les espaces verts des villes. Ces espaces comprennent les parcs, les cimetières, les bacs et par-terres à fleurs, les trottoirs et la voirie. Pour pallier à l'abandon des produits chimiques de désherbage, les différents moyens utilisés sont variés et basés sur la gestion différenciée : l'exposition à la chaleur ou le choc hydrolique, les coccinelles, le débroussaillage, la tonte et le fauchage, l'enherbement, la binette, le bâchage, le paillage... Il y a de nouvelles pratiques à inventer et d'anciennes à se réapproprier pour lutter contre les plantes appelées "mauvaises herbes" qui d'ailleurs pourraient recouvrer un intérêt dans certains domaines abandonnés et oubliés.

On constate donc que les changements sont déjà en train de s'opérer au niveau local qui pourrait être en pointe dans l'innovation au niveau de l'assainissement de l'espace public et de la disparition des produits phytosanitaires.

Encore faut-il envisager de sortir de la logique mercantiliste et libérale ? 

 

Au niveau local à Dreux aujourd'hui

En Eure-et-Loir, le président de l'Agglo du Pays de Dreux n'entrevoit pas cette opportunité. A la cérémonie de ses voeux aux citoyens de l'agglomération du 19 janvier 2018, il a évoqué ce "problème de l'abandon forcé" du glyphosate au niveau local. Sa réponse est le désengagement. Etant donné le coût de l'entretien des trottoirs et des abords de la voirie, s'il devient impossible d'utiliser du glyphosate rapide et efficace, les citoyens sont appelés à entretenir eux-mêmes leurs trottoirs. Il en appelle à la responsabilité citoyenne allant même jusqu'à évoquer le cas des personnes âgées qui ne pourraient pas assurer cet entretien et pour lesquels il appelle à des actions de solidarité. Cet élan citoyen que le président de l'agglo du Pays de Dreux appelle de ses voeux n'est pas en soi une mauvaise chose et l'engagement citoyen est une idée qui peut s'envisager dans de nombreux domaines. Cependant, cette responsabilisation des citoyens autour de la transition écologique de leur ville serait sans doute beaucoup plus vive et constructive dans un contexte de démocratie municipale réelle. Or, le président a déjà statué et fait uniquement part de ses décisions à la population. Par ailleurs, la loi s'applique et l'Agglo du Pays de Dreux, dont le contrat d'Agglo est valable du 2015 à 2020 n'a absolument pas anticipé sur cette perspective lors de l'écriture de son projet. La décision tombe, l'entretien des espaces publics devient trop coûteux pour la collectivité. 

A Dreux, si l'on peut imaginer qu'un habitant propriétaire ou locataire de sa maison individuelle puisse entretenir les quelques mètres de voirie qui lui échoient devant chez lui, comment cela peut-il se passer pour les espaces autour des logements collectifs qui représentent 60% des habitations à Dreux ? Par ailleurs, en dehors de l'aide de la municipalité, comment les habitants pourront-ils mettre en oeuvre des techniques alternatives au désherbage avec des produits chimiques ? Il revient donc aux habitants de s'outiller en matériel spécifique.

 

Une politique engagée pour la transition écologique au niveau local aussi

Il y a à Dreux des associations qui seraient en mesure de participer à une action coitoyenne d'ampleur au niveau de la commune pour permettre d'envisager d'autres solutions. Je ne citerai ici que l'AVERN par exemple, association qui regroupe en son sein des citoyens soucieux d'écologie et des agriculteurs qui pratiquent déjà l'agriculture biologique. Cependant, l'aide aux associations a baissé dans des proportions telles que la constitution d'une association de citoyens pour s'organiser au niveau de ce changement permet la mutualisation du matériel et l'entraide mais ne résoud pas le problème financier pour ceux qui n'ont pas les moyens de s'équiper.

A Dreux, depuis longtemps, seuls les Drouais disposant d'un jardin peuvent posséder un outillage de jardinage car les jardins dits autrefois "ouvriers" qu'on appelle aujourd'hui le plus souvent familiaux ont presque disparu de la commune (à part quelques parcelles le long de la RN12). La tradition de cultiver son jardin n'a pas été transmise aux jeunes générations des quartiers populaires comme c'était le cas auparavant. 

Il y a des solutions alternatives au désengagement des pouvoirs publics, des solutions innovantes et citoyennes à promouvoir qui seraient écologiques, économiquement viables et socialement intéressantes. 

Pour la France insoumise, cette transformation écologique est vue au contraire comme une opportinuté de trouver des solutions avec et pour les citoyens en collaboration avec les associations auxquelles une aide serait apporter dans une réelle démarche démocratique, de créer des emplois, de renouer avec des pratiques disparues, l'implantation de jardins "ouvriers" à proximité des habitations, d'innover en matière de gestion de l'environnement proche des citoyens et de transformer les villes en lieux d'échanges et de partage.

De la commune à l'Europe les mêmes enjeux se déclinent, gagner le pari de la démocratie, du social et de la transition écologique. Au niveau local, il est possible d'ouvrir la voie pour offrir les perspectives d'une transformation au niveau de l'Union européenne, pour une Europe en faveur des citoyens et plus en faveur des multinationales.

 

 

https://avenirencommun.fr/livret-agriculture/

 

 

Sources iconographiques :

Molécule glyphosate Wikipedia

agriculteur bio "Langouët vise une autosuffisance alimentaire" Positiv.fr

 

 



28/01/2018
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